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Méthodologie


Cette rubrique vise à vous donner des conseils pratiques concernant la méthodologie du risque pays. Il s’agit là d’un complément d’informations qui ne se substitue en rien à la méthodologie qui vous sera donnée par les enseignants. Cependant ces quelques conseils peuvent s’avérer utiles dans vos travaux car il y a un fossé,
pour ne pas dire un abîme, entre l’exemple qu’on vous donnera de fitch ou de la Coface et vos travaux. Même saupoudré des quelques conseils du corps enseignant, cette zone d’incertitude est propice au meilleur comme au pire : si cet espace d’autonomie peut en effet s’avérer être un véritable laboratoire d’idées, voir de génie, c’est aussi là où naîtront tous les doutes et les tensions propres au travail d’équipe.


Tout d’abord Le Risque Pays est un exercice, pas une punition ! Vous devez en tirer profit en terme d’expériences et de savoir faire. Il est normal que vous avanciez à tâtons dans votre travail personnel comme dans votre organisation en groupe. Il y a donc un objectif principal : l’apprentissage. Pour réaliser cet objectif que vous demande-t-on ? Il s’agit ni plus ni moins de poser une problématique générale sur un pays et de tenter d’y répondre par une analyse la plus complète possible. Pour cela, vous utiliserez un outil qui est le tableau d’analyse par paramètres, facteurs, critères. Il faut bien garder en tête qu'il s'agit d'un outil et non d'une fin en soi. Votre tableau est la synthèse d’une analyse plus argumentée que vous aurez élaborée dans votre rapport et présentée succinctement à l’oral.

 

La grille de notation
Elle est structurée de la façon suivante : Paramètres (3 à 5)-facteurs (3)- critères (3 à 8). Pensez plus à la cohérence qu’à batailler sur l’harmonie mathématique type 3-3-8. Chaque critère doit être ensuite noté puis pondéré, donnant la note du facteur, elle même donnant la note du paramètre. Cette gestion comptable d’une analyse somme toute complexe et nuancée n’est pas évidente. L’exercice est parfois un peu plus facile concernant certains critères économiques ou financiers. La notation est le reflet de votre analyse et de vos lectures, vous êtes donc libres de noter comme bon vous semble tant que vous pouvez justifier. Ne cherchez pas l’approbation de vos pairs à tout prix pour déterminer si la politique intérieure du Sénégal devrait être notée 4/7 ou 5/7. C’est une démonstration argumentée et non pas un quizz vrai-faux.

Cette grille de notation peut être également utile pour gérer le travail en équipe. En effet, vous devrez élaborer une première ébauche de la grille pour vous donner une idée de la répartition du travail. La grille évoluera donc incontestablement au grè de vos réunions et de vos brillantes analyses.

 

Le travail en équipe
Il fait aussi partie de l’exercice et vous devez donc prendre soin de bien vous organiser entre vous afin que le travail avance bien sûr, mais aussi pour tirer le meilleur parti du groupe. Vous devez donc adopter une configuration organisationnelle adéquate pour que tout le monde puisse  s’exprimer et pour que votre travail s’enrichisse des avis de chacun. A première lecture, cela vous paraît sans doute évident, mais vous réaliserez rapidement que la gestion d'un groupe n'est pas facile. Il vous faudra tenir compte de deux réalités:

Tout d'abord, l’exercice crée volontairement un espace d’incertitude qui sera sans nul doute source de tensions. Il est fort possible que vous vous retrouviez à batailler jusque tard le soir afin de vous mettre d'accord sur la note de la politique extérieure d'Obama, exaspérant par là les femmes de ménages (et oui l’IEP ferme à 20h !). Vous devez donc adopter une structure de type, président, secrétaire etc. Ou encore coordinateur, modérateur etc. Attention, la structure ne doit pas être trop formelle non plus : oubliez les « coordinateurs de gestion des relations extérieurs intra-iep » ou autres, histoire de donner un poste à tout le monde.

La deuxième réalité, plus complexe encore à prendre en compte, c’est la diversité de vos profils et de vos caractères : votre groupe est composé de CID-GRPS et de GEA auquel s’additionne la division entre Master Seul et Diplôme, à laquelle se superpose la question des caractères entre les conciliants et les autoritaires, les je-sais-tout et les je-veux-rien-faire (sans pour autant que ces attributs soient corrélés aux divisions précédentes).

Passées les interminables réunions et les nuits blanches de travail à savoir si le travail des enfants est un atout économique ou un risque social, et dès que vous aurez votre démonstration bien en tête, vous pourrez penser à votre présentation orale et à votre rapport. Soyez pragmatiques, ce que vous présenterez à l’oral sera la synthèse de votre rapport (que vous rendrez plus tard).


La présentation orale
 Elle arrive toujours trop vite, et les dernières heures de travail sont les plus harassantes. Ce jour là tout se joue autant dans le fond que dans la forme. Vous devez donc premièrement convaincre sur l’aspect esthétique et visuel de votre présentation : bien habillés vous présentez un power point donc les couleurs sont agréables à regarder (pas de surcharge ou d’extravagance). Vous utilisez des phrases courtes et essentielles qui résument vos idées et vous abusez des outils qui « parlent » bien plus que les longs discours, tels que les graphiques et les animations. Sans que cela soit la guerre des étoiles sur écran, il faut que ces animations étayent et vous aident à rythmer votre discours. N’oubliez pas non pluque c’est une démonstration de votre analyse, vous devez être donc dans l’affirmatif : pas de « il semblerait bien », « je sais pas ». Dans les questions qui suivent, n’oubliez pas que vous êtes les spécialistes sur le pays : donc vous laissez parler la personne adéquate sur chaque question. N’oubliez pas que si méthodologiquement les professeurs vous encadrent, vous avez plus de connaissances qu’eux sur le pays concerné (si, si, si !). Si on vous demande pourquoi ne pas avoir parlé de la question du nucléaire en Chine, vous répondez que la question nucléaire est négligeable dans la politique de gestion environnementale du pays. Pas de « on aurait pu/du/cru » ! 

Vient ensuite le rapport d’analyse.

 

Le rapport
Aussi cruel que cela puisse paraître, votre démonstration orale, si brillante soit-elle, ne suffit pas à convaincre le jury, qui attend de voir en profondeur ce que vaut votre analyse. Le rapport est la partie développée de votre présentation et sauf erreur majeure lors de l’oral, vous reprendrez la même démarche analytique. Si tout va bien, la rédaction de votre rapport n’est qu’une mise en forme des travaux effectués au fur et à mesure. Par exemple, certains procèdent par fiches techniques sur chaque critère que vous pouvez compiler ensuite en fonction de vos pondérations, créer des abstracts sur des points intéressants, des exemples etc. Vous devez également y insérer des outils graphiques et esthétiques … et bien sûr votre grille de notation ! Il y a aussi des executive summary, et un compte rendu de la gestion de groupe. C’est le hublot par lequel les profs vont entrer dans le making-of de votre travail. Bien que souvent considérée comme une contrainte superflu, ne négligez pas cette partie : vous apprendrez en effet beaucoup des erreurs de chacun en travaillant en équipe, encore faut il y apporter un regard analytique et constructif loin des potins de la machine à café. 


Et voilà ! Notez que l’exercice du risque pays comporte des risques de maux de tête, des risques de fatigues, des risques d’angoisses, des risques d’engueulades, des risques de réunionites mais aussi des risques d’apéros, des risques de souvenirs mémorables, des risques de débats enrichissants, des risques à risques, et vous voilà riskoopiens.

  

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